Les casinos suisses alpins plus lucratifs que les citadins : info ou intox ?

Joueurs suisses, vous avez pu voir passer cette information dans les médias : les établissements de jeux suisses situés en altitude bénéficieraient d’un allégement de taxes prochainement. Mais qu’en est-il réellement ? Est-il vrai qu’il sera plus intéressant de miser dans les maisons de jeu de Saint Moritz, de Meyrin ou de Davos plutôt que dans celles de Baden, Luzern ou encore de Zurich ? Nous faisons le point sur cette information importante et éclaircissons la situation.

Des chiffres alarmants qui font réfléchir

Pourquoi différencier les établissements de jeu suisses ? La réponse est simple, les chiffres qui viennent d’être publiés sont parlants. En Suisse, 21 maisons de jeu proposent des parcs de machines à sous, des tables et autres jeux d’argent. Pour le moment, rien à signaler.

Mais les choses se gâtent lorsque nous nous focalisons sur les résultats financiers de ses différents casinos qui présentent de très grandes irrégularités. L’écart est flagrant entre certaines maisons de jeu… Un exemple ? Le casino situé à Davos a enregistré un chiffre d’affaires brut de 2 millions en 2015, contre 72,6 millions de francs pour celui de Montreux. Effectivement, la différence est énormissime.

« Le constat est clair : l'attractivité des maisons de jeu situées dans des stations touristiques de montagne a été surestimée… »

Ces résultats ont également mis en avant la situation alarmante de certains établissements suisses, comme celui de St-Moritz et celui de Davos – précédemment cité - situés dans le canton des Grisons. Dans la même lignée, un autre établissement d’altitude avait d’ailleurs dû fermer ses portes – le casino Arosa – ne répondant plus aux exigences en matière de fonds propres imposées par la Commission Fédérale des Maisons de Jeu. Le constat est clair : l'attractivité des maisons de jeu situées dans des stations touristiques de montagne a été surestimée…

2017 est une année capitale pour les établissements suisses

Il est important de savoir qu’en Suisse, les établissements de jeux sont classés en deux catégories (type A ou B). 8 maisons sont titulaires de la licence A, contre 13 faisant partie du clan B. Quelles différences ? Pour faire simple – car vous vous doutez bien de la complexité législative séparant ces deux catégories – nous pourrions différencier ces deux lettres de cette manière :

Type B Type A
Montant maximal des mises 25 francs Pas de restriction
Montant maximal des gains 25 000 francs Pas de restriction
Montant maximal du jackpot 200 000 francs Pas de restriction
Nombre de machines à sous 250 jeux Pas de restriction
Type de jeux de table 3 jeux Pas de restriction

Sans surprise, vous l’aurez compris, les casinos faisant partie de la catégorie B sont, en effet, ceux se situant en altitude dans des zones dites « touristiques saisonnières ».

La nouvelle loi proposée permettrait donc d’alléger ses restrictions très strictes dans le but d’aider les casinos suisses les plus en danger, notamment les maisons enregistrant un chiffre d’affaires brut inférieur à 5 millions de francs.

Cette ordonnance permettrait, par exemple, de réduire de trois-quarts le taux de taxation. Une solution pour aider les établissements les plus fragilisés à sortir la tête de l’eau et revaloriser leurs offres de divertissement. Affaire à suivre.